L’Agile c’est la rencontre de la grande Histoire, celle de l’industrie, de ses mutations et de ses crises, avec les petites histoires de l’entreprise et de son organisation. Le passage progressif d’une économie de la production de masse à une économie des services et de l’information a apporté son lot de bouleversements dans les modes de production. Au cœur de ces changements, la question du numérique et sa complexité nous obligent à nous interroger sur nos méthodes de création, de gestion de projet, de maitrise d’ouvrage. La méthode Agile et son manifeste tentent de répondre à ce défi.

Qu’est-ce qui change ?

L’économie du numérique est une économie de la complexité et de l’incertitude. Le web a longtemps été perçu comme un prolongement des formats médiatiques traditionnels. Le site web était une vitrine, un vecteur de messages assez peu dynamique. Or l’approfondissement technique et social de notre environnement digital a donné naissance à un espace de communication complexe, foisonnant, fait d’interactions multiples, obligeants les marques, les acteurs institutionnels à trouver leur place dans ce web 2.0 en pleine expansion. Le changement est quantitatif -plus d’utilisateurs, de plateformes, de concurrences, de formats- il est aussi qualitatif : la nature des relations entre individus et organisations se transforme. Le digital donne de nouvelles marges de manœuvre aux utilisateurs et consommateurs pour donner leur avis, contester, produire leurs propres contenus et ignorer les vôtres. À un moment où la question environnementale n’est jamais très loin c’est donc celle de l’utilité qui se (re)pose. Créer un logiciel, un site web, une application, un écosystème numérique, très bien, mais pour quoi faire et surtout comment faire ?

Comment fait-on ?

L’Agile a ainsi pour objectif de répondre d’abord à ce double défi de la complexité et de l’incertitude propres à certains projets. Elle y répond en donnant plus de souplesse aux processus de production du web et du mobile. L’Agile c’est en premier lieu la remise en cause des cycles de production héritée de l’ère industrielle. Cycles fortement verticalisés, en « V », qui convergent du recueil de besoins jusqu’à la livraison d’un produit fini à partir d’un plan rigide déterminé en amont. Dans certains cas -sites vitrines, applications simples- ce schéma s’impose toujours. Dans d’autres cas plus complexes l’Agile permet de fluidifier la production. Plusieurs méthodes Agile cohabitent. Les plus connues sont le Scrum et la Kanban. Elles modifient, chacune à leur manière, la relation au produit, à sa production et à son utilisation :

  • Avec le digital la différence entre le produit en phase de production et le produit fini s’estompe
  • On privilégie l’amélioration continue du produit avec pour ligne d’horizon la satisfaction rapide des besoins de l’utilisateur et l’adaptation aux évolutions du marché
  • Ces cycles impliquent de nouveaux modes de collaboration entre clients, prestataires et utilisateurs finaux.
  • On redessine des partenariats qui reposent, des deux côtés, sur un grand niveau de confiance
  • La production fonctionne par cycles ou sprints courts qui se comptent en semaines ou en mois (Scrum)
  • Des rôles sont précisément définis : Scrum master, product owner, développeurs (Scrum)
  • Dans le cas de projets de maintenance ou d’amélioration de flux, on organise des équipes de support par gestion de tickets pour améliorer la qualité des rendus (Kanban)

Est-ce que c’est fait pour vous ?

Passer à l’Agile ne va pas résoudre tous vos problèmes. Mal utilisé et mal compris il peut même compromettre la bonne marche d’un projet. L’adoption de la méthode Scrum par exemple est exigeante et nécessite de repenser en profondeur l’organisation de l’entreprise, ses relations avec l’extérieur, sa perception du produit ou du service, son financement. Son utilisation doit d’abord être justifiée par le projet lui-même, son périmètre et l’implication des acteurs concernés. Pour dissiper les craintes, notamment budgétaires, nous préconisons généralement de définir un socle fonctionnel et forfaitaire dans lequel le projet Agile va s’insérer. Comme le précise Anthony Heuveline, directeur associé des Artisans Numériques (certifié SCRUM Master par scrum.org) : « Nous sommes pragmatiques. Le but est d’utiliser la méthode la mieux adaptée, d’accompagner le client sur la mise en place des bonnes pratiques Agile ou de conseiller une autre approche pertinente, en fonction des contours du projet ». Et pour s’assurer que l’Agile est adapté à votre culture et votre projet, pourquoi ne pas en parler avec les experts des Artisans Numériques ?

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